En route pour de nouvelles aventures

Publié le par chefpolo

Oulala comme c’est loin…

Qu’est ce que je faisais avant comme métier déjà?

C’était comment quand on pouvait arriver au boulot en retard et justifier fièrement la sale gueule du matin par une nuit agité après un spectacle ou une fiesta dans les garages des Aygalaldes ?

Lundi 3 janvier, 0 couverts !

Youpie ! on peux pas avoir moins de client.

Comme ça on peux que remonter la pente.

Au menu jarret de porc aux lentilles…Bon ben, on vas les manger. Faut pas gâcher.

Faut vous dire madame que ça y est : Les Ecuries sont ouvertes !

Pour le meilleur et pour le pire.

Le mois de novembre à été très éprouvant, le mois de décembre atroce: entre les travaux en retard, la paperasserie administrative, la peinture, le vernis, le matos qu’arrive, qu’arrive pas, qu’arrive quand même mais c’est pas le bon, les fuites dans le toit, l’apprentissage des méandres locales, les nuits courtes et agitées, on a pas trop rigolé.

On s’est accroché au bastinguage – une main pour le bateau, une main pour soi – et au final une jolie salle de 40 couverts.

Noêl avec toute les familles. C’était l’occasion de tester la cuisine toute neuve. Au menu cailles farcies, gambas ou saint jacques, je ne m’en rappelle plus. Ou les deux peut être. Et puis le frangin qui fini le carrelage, la belle mère qui capitonne les banquettes (superbes), le beau père qui monte les étagères, Géraud accroche le bar, Anita peint, peint, peint.

Merde on a oublié de prévenir qu’on ouvrait. Vite la pub dans Sud ouest, les tracs sur les pares brise de voiture et chez les commerçants qui veulent bien – y en a -.

On a décidé d’ouvrir le 31 ! et puis on verra bien.

2 résa, 4 résa, 2 potes, 8 potes, et bientôt nous voilà complet. Et même plus que complet, 47 couverts avec les minots. On est content. Les vieux amis sont venus, Ils ont fait le déplacement, loué un gîte et des hôtels. Laurent a ramené ses disques, son ordi et sa guitare. Tout le monde met la main à la visseuse, au marteau, à l’agrapheuse. Les Ecuries ressemblent plus à une fourmilière d’allumé aux yeux injectés qu’à un restau qui vas ouvrir.

Et puis le veille du 31, vendredi 30 donc, un monsieur se présente. Court sur patte, un peu rond, rasé bizarrement, imper mastic, pas de sourire : c’est le Môssieur de l’hygienne ! y viens voir si c’est pas trop crado, si on se lave les mains, si on range bien, si le plan fournis correspond à la réalité. Mais bien sûr monsieur, vous prendrez bien un café ? Quelques temps plus tard, un autre monsieur, plus jeune avec une grosse tête de poupée, pardessus brun, pas de sourire : c’est le Môssieur de la sacem ! y viens chercher ses sous. Pas de bol monsieur, on est pas encore ouvert, repassez donc plus tard, vous prendrez bien un café ? Et puis voilà. Vers 16h je peux enfin enfiler la veste blanche symbole de tout ce remue ménage.

C’est qu’il va falloir faire fort. Les locaux sont là pour tester, les copains pour faire la fiesta.

Entrée : mille feuille de foie gras, puis homard, lotte et st jacques en vadrouille, ensuite le trou, les cailles farcies au foie gras et jus de truffe, fromage, farandole de desserts le tout arrosé de champ. Ca devrai aller. Toute la came est rentrée, y a plus qu’à.

J’ai embauché Fabien en cuisine et Valérie en salle. Ils assurent, de l’expérience, du mors aux dents, jeunes, frais, dispos.

Je peux pas raconter le réveillon. Fallait y être.

Tout ce temps, tout ce pognon, ces angoisses, ces engueulades, ces compromis, ces sacrifices pour en arriver à travailler dans notre outil de travail celui qu’on a rêvé.

C’est parti pour une croisière au long cours. Je ne sais pas quand on reviendra au port. Nous allons commencer doucettement, apprendre à gerer les approvisionnements et la qualité des produits, donner à manger aux gens et essayer de faire le plus qui fera la différence : musique, environnement, présentation, cul de la patronne.

 Et si Dieu le veux on gagnera peut être un peu de pepettes. ?

L'image c'est quelques heures avant l'ouverture....
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Publié dans lesecuriesdelapassee

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